lundi 14 novembre 2011

A la découverte de la Nouvelle-Calédonie




À la découverte de la Nouvelle-Calédonie est un ouvrage ludique et pédagogique à destination des enfants, écrit par Peggy Bonnet Vergara et illustré par Jean-Jacques Mahuteau, paru aux Éditions du Cagou le 7 novembre 2011.



Lina, Newi, Anaïs et Soane t’invitent à partir à la découverte de la Nouvelle-Calédonie, cet incroyable archipel de l’océan Pacifique qui recèle bien des merveilles!

Rencontre ses habitants, comprends leur histoire, partage leurs traditions et leurs cultures. Parcours ses différents paysages et découvre les plantes et les animaux qui y vivent. Fabrique des jouets, goûte à la cuisine océanienne, retiens quelques expressions locales…

Au fil des pages ponctuées de jeux, apprends à connaître ce magnifique pays en compagnie de tes amis !


Cet ouvrage a participé à la 5ème édition du Salon International du Livre Océanien 2011 (SILO), les 5 et 6 novembre à Nouméa et du 9 au 13 novembre à Poindimié. Il a été présenté, en avant-première, le 5 novembre à Nouméa (hôtel Le Surf), lors du goûter littéraire spécial « Romans et albums jeunesse », organisé à 16h30. À Poindimié (hôtel Tiéti Téra), il a été présenté le 9 novembre, durant le café littéraire spécial « Littérature jeunesse » prévu à 17h. Il est en vente dans tous les points de vente habituels de Nouvelle-Calédonie.


En France, il sera disponible, à Paris, à la Maison de la Nouvelle-Calédonie, à la librairie Orphie (Ve arr.) et au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil (30 nov. – 5 déc.), sur le stand de la librairie des Outre-mer.



À la découverte de la Nouvelle-Calédonie

Peggy Bonnet Vergara

Jean-Jacques Mahuteau
Éditions du Cagou, Nouméa, 2011.

EAN : 9-782913-256774

ISBN : 2-913256-72-4
Prix : 2 200 XPF

Les labyrinthes des édifices gothiques

Le motif du labyrinthe, dont les plus vieux exemples remontent à la préhistoire et abondent dans l’Antiquité égyptienne et grecque, est un motif fortement symbolique qui se retrouve dans de nombreuses civilisations, anciennes comme contemporaines. Prenant la forme d’une architecture, d’un jardin, d’une représentation peinte ou gravée, le labyrinthe, lié aux notions intrinsèques d’égarement et de régénération et souvent associé à un mythe, une philosophie ou une croyance, évoque le cheminement spirituel de l’homme, sa soif de connaissances, sa quête universelle d’élévation.

Avec l’essor du christianisme, le motif païen du labyrinthe fut absorbé, réutilisé. D’abord timidement puis, aux XIIe et XIIIe siècles, de façon systématique face à la vague d’édification d’églises et de cathédrales gothiques qui déferla sur l’Europe. Métaphore de la Jérusalem Céleste, mais aussi représentation du corps du Christ les bras tendus, l’édifice gothique au plan en croix latine présente bien souvent, au sol, un grand labyrinthe en marqueterie.

Vue, depuis le chœur, du labyrinthe octogonal de la cathédrale d’Amiens
dessiné au XIIe siècle et restauré au XIXe siècle.

Celui-ci, qui est en fait un long tracé tortueux en forme de spirale, inscrit dans un cercle ou un octogone, servait de substitut au pèlerinage en Terre Sainte que tout chrétien se devait alors de réaliser. Déchaussé et à genoux, le fidèle suivait le parcours qui, en le faisant changer plusieurs fois de direction, le désorientait. Passée cette épreuve rappelant les méandres de la vie spirituelle et le chemin de Croix, il parvenait, à force de volonté et sûr de sa foi, au centre du labyrinthe, au paradis, à « Jérusalem ». En triomphant de l’obscur chemin initiatique, le fidèle, devenu plus proche du Créateur, acquérait ainsi une nouvelle conscience.

Tombés en désuétude à la fin du Moyen Âge car considérés comme des résurgences païennes, les labyrinthes furent détruits, effacés ou recouverts. Aujourd’hui, quelques exemples originaux subsistent dans les cathédrales de Chartres, d’Amiens, de Bayeux ou dans la basilique de Saint-Quentin.

samedi 30 juillet 2011

Livre des Timbres 2010



Le Livre des timbres 2010. Regards croisés.
Office des Postes et Télécommunications de Nouvelle-Calédonie, 2011.
Textes et coordination : Peggy Bonnet Vergara
Maquette: Jean-Jacques Mahuteau
Prépresse: Denis Vigier / Pix Graphique

L'art mural des femmes Ndebele

Lumières sur l’art mural des femmes Ndebele, peuple originaire de la région du Transvaal, au nord-est de l’Afrique du Sud. Là, la décoration des cases (indlu) et des murs d’enceinte (umuzi) des hameaux est l’affaire exclusive des femmes. Celles-ci sont, en effet, les gardiennes d’une tradition ancienne qui consiste à recouvrir, tous les quatre ans, à l’occasion des rites de circoncision des jeunes garçons, les maisons de dessins géométriques abstraits.

Femme Ndebele et enfants devant une maison recouverte de motifs traditionnels.

Ces motifs appartiennent à un répertoire de formes qui se transmet de mère en fille, lors des rites d’initiation et de passage à l’âge adulte. Chaque fille devenue femme peut ensuite utiliser les motifs picturaux de sa famille et y intégrer un dessin de sa composition. Ce code graphique de formes géométriques unies délimitées par un cerne noir et s’emboîtant les unes dans les autres se retrouvent dans les colliers de perles, les tissus et les poupées également réalisés par les femmes.

Autrefois, les femmes Ndebele étalaient sur les murs en pisé, avec des plumes, des poils ou des brindilles, les couches de couleurs obtenues naturellement : ocres, bruns, noir, blanc. À partir des années 1950, elles eurent recours aux brosses, aux pinceaux et aux teintes vives et variées fournies par la peinture acrylique, plus pratique et plus résistante.

Femmes Ndebele vendant quelques-unes de leurs réalisations artisanales.


Avec le temps, les techniques ont changé, les motifs se sont diversifiés – incluant diverses formes issues de la société de consommation – et cet art domestique, devenu pendant l’apartheid un moyen de revendication de l’identité culturelle Ndebele et un symbole de résistance à la domination blanche, a gagné de nouvelles surfaces : églises, édifices publics, voitures… jusqu’aux salles des musées européens ou américains qui exposent notamment les œuvres extra-muros d’Esther Mahlangu, laquelle contribue à faire connaître au monde entier l’art de son peuple.

Le Jeu de Marseille

Vous connaissez certainement le Tarot de Marseille, avec ses 56 cartes, ses 21 atouts et son excuse, mais connaissez-vous le Jeu de Marseille, cette réinterprétation du jeu de cartes traditionnel créée, en mars 1941, par les Surréalistes alors réfugiés dans la cité phocéenne ?

Wifredo Lam, Lautréamont, 1941.

C’est au cours d’une de leurs réunions dans un café du Vieux-Port ou à la villa Air-Bel – demeure mise à la disposition d’André Breton, de Victor Serge et de leur famille par le Comité Américain de Secours aux Intellectuels – que l’idée du Jeu de Marseille s’est imposée dans la petite communauté d’artistes ayant gagné la Zone libre, tels Victor Brauner, Oscar Domínguez, Jacques Hérold, Max Ernst, Wifredo Lam, André Masson…

André Masson, La Religieuse portugaise, 1941.

Récusant la symbolique chrétienne et monarchique du Tarot traditionnel, ces artistes se sont appliqués à remplacer les familles et les figures de l’ancien jeu de cartes par des icônes et des personnages reflétant les valeurs du mouvement surréaliste. Ainsi, les familles de piques, cœurs, carreaux et trèfles ont-elles laissé la place à celles du Rêve (symbolisé par une étoile noire), de l’Amour (une flamme rouge), de la Révolution (une tache de sang) et de la Connaissance (une serrure noire). De même, les rois, les reines et les valets ont-ils été remplacés par des génies, des sirènes et des mages. Le joker ayant été dépeint sous les traits du Père Ubu d’Alfred Jarry.

Wifredo Lam, Alice, 1941.

Ce projet de jeu de 22 cartes, mettant à l’honneur Baudelaire, la Religieuse portugaise, Novalis, Sade, Lamiel, Pancho Villa, Lautréamont, Alice, Freud, Hegel, Helen Smith et Paracelse, présente, à l’égal des arcanes majeurs du jeu original, la même parabole de l’homme en quête de sagesse et d’émancipation, dont la voie passe, pour les Surréalistes, par la libération de la conscience individuelle, l’excitation poétique, le rêve, l’amour, l’exaltation du merveilleux…

André Breton, Serrure, 1941.

Reproduit, à New York, en 1943, dans le numéro 2 de la revue V.V.V., le Jeu de Marseille ne fut réellement édité sous la forme de jeu de cartes qu’en 1983 par André Dimanche, avant de faire l’objet d’une exposition au musée Cantini de Marseille en 2003.

Les poupées kachinas

Ces figurines en bois, de couleurs vives et décorées de plumes, de cuir ou de brindilles, appelées communément « poupées kachinas », ne sont ni des jouets ni des objets de dévotion, mais des instruments pédagogiques, des supports d’enseignement utilisés, depuis des centaines d’années, par les natifs du sud-ouest des États-Unis, dont les indiens Hopi, Zuni et Pueblo.

Les kachinas sont des esprits, masculins ou féminins, liés à la nature et à ses manifestations : esprits du vent, de la pluie, du soleil, des étoiles, des orages, du maïs, des insectes… Les kachinas peuvent être bienfaisants ou malfaisants, faire référence à des concepts, des événements historiques ou encore incarner des ancêtres de clan. Ce sont des messagers que les indiens sollicitent afin de transmettre leurs prières (fécondité, guérison, pluie…) aux divinités.


Les poupées kachinas (ou tihus) représentent les danseurs qui, lors des différentes fêtes rituelles, endossaient masques et costumes pour devenir ces esprits. À l’issue de chaque cérémonie, les danseurs, véritables gardiens de cette culture ancestrale, offraient leurs propres effigies aux femmes et aux enfants. Ainsi, les plus jeunes se familiarisaient-ils avec l’univers spirituel de leur peuple et toute sa symbolique.

Sculptées dans des racines de peuplier, les statuettes étaient poncées puis enduites d’argile avant d’être peintes selon un code de couleur précis et complétées par des ornements ou des accessoires. Les couleurs utilisées, associées aux points cardinaux, renseignaient sur la provenance du kachina, sur son identification et sur sa fonction.

Ces poupées, qui ont séduit les Surréalistes lors de leur exil aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale - tel Max Ernst qui ne conduisait jamais sans son « porte-bonheur » -, sont encore fabriquées de nos jours, quoiqu’avec des matériaux plus modernes, par les indiens Hopi et Zuni. Malgré le commerce dont elles font désormais l’objet, les tihus n’ont, aux yeux de leurs créateurs, rien perdu de leur authenticité.

Exposition bibliothèque Bernheim, Nouméa, août 2011

Homo sublimissimus, Exposition collective du Conservatoire des faciès, dans les jardins de la bibliothèque Bernheim, Nouméa.


H
omo sublimissimus : genre d’homme appartenant à une espèce virtuelle (qui comporte en soi-même les conditions de sa réalisation), une espèce plus évoluée qu’homo sapiens, celle de l’homme sage devenu sublime. Sublime parce qu’il se reconnaît à sa juste valeur et reconnait de même celle de ses semblables.

Sublimissime parce qu’il reconnaît l’égalité des hommes entre eux et parce qu’il fait preuve de respect et de tolérance.

Sublimissimus parce qu’il vit en harmonie avec les autres et en symbiose avec la Nature. Homo sublimissimus, un homme parfait dans son genre.

Une espèce idéale ? Utopique ? En voie de développement ?

Exposition Galerie Reservoart, Nouméa, mai 2011

« Caminos de arena »
du 5 au 21 mai 2011,
vernissage le 5 mai 2011 à 18h.


La galerie Reservo’Art présente les dernières créations de l’artiste cubain Hans Vergara : peintures sur toile, œuvres sur papier et installations. Des œuvres qui sont autant de « chemins de sable » explorant les méandres de la création : chemins de vie, cheminements d’idées, trajectoires de traits, parcours de couleurs, progression d’émotions, tours, détours, contours… Tout un art en marche.

Ko Névâ 2011, Centre culturel Tjibaou, Nouméa

A l’heure où la « polémique » s’intensifiait autour des dépenses élevées liées aux prochains Jeux du Pacifique (2011), le monde artistique semblait bouder le choix des collectivités de financier grassement le monde sportif au détriment de ses nombreuses revendications (statut de l’artiste, reconnaissance, marché local de l’art, etc.) Quel sport pour demain ? Quel art pour demain ? Y a-t-il un point commun entre l’art et le sport ?

Ces deux disciplines a priori s’opposent, voire se contredisent. Malgré leur vocation à toucher un public toujours différent et curieux, la culture et le sport ont ceci de commun : l’individu, qui peut se retrouver seul face à lui-même, réalise une performance (publique) qui demande quelques efforts, voire un entraînement intense et régulier. L’objectif à atteindre : une reconnaissance par la société.

A coups de pinceaux, de tubes, le poing levé, le doigt pointé, l’air hagard, furieux, interrogatif, les artistes ont mené un long travail de réflexion et de définition, en s’associant ou se comparant au thème « L’art est un sport de combat ».

Depuis l’année 2000, le projet Ko Névâ s’intéresse à l’actualité du pays, en invitant les artistes plasticiens autour d’un thème culturel, touchant à la société contemporaine. Promouvoir l’art contemporain local, c’est découvrir de nouveaux talents et aussi encourager des artistes émergeants. Associer les artistes plasticiens du pays autour d’un projet commun nous permet de prendre le pouls d’une société qui porte un regard critique et sensible sur son environnement. Le projet Ko Névâ se veut être une plateforme pour que le public et les artistes puissent se rencontrer et échanger des idées.

Les artistes 2011 : Aimé Nangard, Aline Mori, Anne-Séverine Puig, Anthony Force, Christelle Agata Aukara, Cillia Darmizin, Denis Tsutsui, Dominique Marinet-Carrier, Fabrice Ballay, Franck Chan San, Ghislaine Verdier, Hans Vergara, Jean-Marie Ganeval, Jill Fisiimoli, Kristine Bourcier, Laurence Lagabrielle, Laurence Verduci, Miriam Schwamm, Nadia Calcar, Natho, Olivier Oswald & Jean-Philippe Tjibaou, Olivier Séranne, Péire Venzac, Ricardo Poiwi, Thierry Mangin, Yohann Jourdain de Coutance.



Hans Vergara
Série RevolutionArt: Vénus victorieuse
Impression sur papier
160 x 80 cm
2011
« L’arthlète », mi-artiste, mi-athlète, est un spécimen à caractère universel, dont l’origine remonte à la nuit des temps. Mue par le besoin de dépassement personnel et par la quête d’une certaine perfection, cette espèce se caractérise par sa fréquentation de milieux naturels très variés ainsi que par ses indéniables capacités de création. La Vénus victorieuse ici présente rend hommage à tous les « arthlètes », qui, poussés par la notion d’agôn (l’esprit de compétition dans la société grecque antique) et le désir de reconnaissance, ont permis, de génération en génération, d’œuvre en œuvre, la réalisation d’exploits toujours plus performants et l’obtention de formidables victoires, réelles comme symboliques.

Peggy Bonnet Vergara

dimanche 13 février 2011

Hundertwasser

Maison de l’art du village thermal Rogner Bad Blumau
entièrement conçu par Hundertwasser entre 1993 et 1997 à Bad Blumau, en Autriche.

Qui a dit que nature et architecture moderne ne pouvaient pas faire bon ménage ? Les œuvres architecturales de Friedensreich Hundertwasser (« Le Royaume de la paix (aux) Cent eaux »), de son vrai nom Friedrich Stowasser (1928-2000), ont prouvé au monde entier le contraire. De Vienne à Tokyo, de Tel Aviv à Darmstadt, de la Suisse aux États-Unis, les créations de cet artiste atypique ont introduit, au cœur des villes ou des paysages ruraux, de la couleur et de la fantaisie.

Maison de l’art de Vienne dessinée par Hundertwasser, 1989-1991.

Né en Autriche, Hundertwasser a mené, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une vie nomade qui l’a entraîné aux quatre coins du monde et a formé, au gré des voyages et des rencontres, sa sensibilité artistique. Dessinateur, peintre, graveur, aquarelliste…, il a touché à tous les mediums de création pour donner vie à son univers singulier, vif et gai, marqué par des couleurs éclatantes, par la prédominance des formes organiques et par une liberté d’expression prônant la joie de vivre, en toute simplicité.

Maison de l’art du village thermal Rogner Bad Blumau
entièrement conçu par Hundertwasser entre 1993 et 1997 à Bad Blumau, en Autriche.

Amoureux de la nature, de ce paradis terrestre que l’homme détruit sans vergogne, Hundertwasser a dénoncé, dans les années 1970, l’architecture classique, rigide, uniforme et sinistre, recouvrant à tour de bras les étendues verdoyantes de béton et d’angles droits. Convaincu qu’une osmose est pourtant possible entre l’homme et son environnement, il a choisi de se faire, dans les années 1980, le « médecin de l’architecture », en transposant, dans l’espace, son monde pictural particulier.

Halles du marché couvert d’Altenrhein dessinées par Hundertwasser, 1998-2001, Staad am Bodensee, Suisse.

Refusant toute rigueur et toute conformité, ses constructions architecturales reflètent tant ses conceptions esthétiques que sa démarche écologiste : les couleurs, les matières, les lignes sinueuses prennent possession des lieux, les édifices se dotent de mosaïques et de bulbes dorés, les murs et les fenêtres se tordent, les arbres et les plantes envahissent les façades et les toits… Artiste aux multiples talents, Hundertwasser a exploré, avec bonheur, les diverses facettes du mariage heureux entre nature et architecture. Un exemple à suivre, sans modération.